jeudi 26 mars 2015

Nouvelle maison, nouvelle étape


Dans une semaine, nous franchirons une nouvelle étape dans notre vie. Dans une semaine exactement, nous signons l'acte de vente de notre "vraie" maison. Celle qui est assez grande pour nous tous, et même pour ceux qui viendront peut-être s'ajouter. Celle qui verra grandir nos enfants, qui verra évoluer notre famille. Nous laissons derrière nous une maison que nous adorons, mais que nous avons acheté en tant que couple. Elle a été parfaite ! Elle a ce petit quelque chose de pétillant qui va me manquer. Ce petit quelque chose qui a vu nos années de "jeunes mariés", juste avant que nous devenions une famille.

La maison que nous avons choisi est aussi vieille a autant d'expérience de vie que moi. À une année près. Et pour une raison obscure à mes yeux, elle a encore le look de cette époque. Quand on y entre, c'est comme de faire un voyage dans le temps, avec ses calorifère jaunâtres, ses armoires de chêne clair et ses portes en"carton". La maison que nous avons choisi aurait pu être la maison de mes parents, construites avec amour pour élever une famille.

La maison que nous avons choisi me fait prendre conscience que je suis rendue au même moment de ma vie que mes parents étaient quand je les ai connus. Ou presque. Je suis plus jeune qu'eux de quelques années.  Mais l'idée est là. Cette maison, je la vois comme la leur, à une époque passée. Mais mes parents, ont toujours été.... "vieux". Pas tant vieux que plus vieux que moi disons. Quand j'étais jeune, les adultes étaient vieux. C'est à mon tour d'être l'adulte, la maman de trois jeunes enfants. Ce n'est plus ma mère la jeune maman, c'est moi. Elle, elle a ajouté une ligne à son titre, celui de grand-maman.

La maison que nous avons choisi est extraordinaire. Elle a vu passé beaucoup de monde. Elle a entendu beaucoup de choses. Malgré tout, elle est debout, solide comme un roc. Quand on marche à l'intérieur, il n'y a pas un coin du plancher qui bouge un peu. Elle inspire la confiance et la tranquillité. Je me plais à imaginer qu'elle a quelques parcelles de bonheur qui flottent dans l'air. Elle a un passé et sera maintenant notre avenir.

Dans une semaine, nous prendrons possession de cette maison. Et pendant les semaines qui vont suivre, nous allons lui donner un petit coup de jeunesse, un petit coup de vie et d'énergie. J'ai trop peur de m'encrasser si je l'habite ainsi. Nous en ferons un vrai château moderne, vivant, à notre image. Et nous ajouterons encore plus de parcelles de bonheur dans cette atmosphère.

dimanche 8 mars 2015

À mes filles, femmes en devenir

Aujourd'hui, c'est la journée internationale de la Femme. Et oui, nous avons une journée. Une journée pour célébrer l'être humain que nous sommes, qui a de la valeur, autant que les hommes. Peut-être ne verrez-vous jamais la nécessité de cette célébration, ici, dans votre quotidien. Mais elle a une grande importance, pour souligner les combats que les femmes ont gagnés et soutenir celles qui se battent encore.

Je n'ai pas l'intention de vous faire un cours d'histoire aujourd'hui. L'occasion viendra. Je n'ai pas non plus l'intention de vous faire un cours de géographie, parce que oui encore aujourd'hui, certains endroits dans le Monde n'ont pas le même respect pour la Femme.

Vous êtes deux magnifiques jeunes filles. Vous êtes de vraies femmes en puissance. Mon intention est de vous élever en femmes fières et sûres d'elles. Des femmes qui ont une voix puissante, qui font des choix et n'ont pas peur. Des femmes qui ont un jugement critiques développé.

Des femmes qui ne sont pas que "belles". 

Peut-être aurez-vous une carrière en droit, en médecine ou en génie. Peut-être aurez-vous une carrière plus modeste, un emploi plus traditionnel comme enseignante ou secrétaire. L'important est que ce sera VOTRE choix et qu'il sera respecté.

Peut-être m'en voudrez vous de ne pas vous avoir fait percé les oreilles à un âge où la mémoire ne retiendra pas la douleur. Mais ce sont vos oreilles, je préfère attendre que vous me le demandiez. Peut-être m'en voudrez vous de dire non à certains vêtements qui, à mon avis, en dévoile trop, trop tôt. Peut-être m'en voudrez-vous de vous pousser à prendre des décisions et à vous en faire assumer les conséquences.

J'espère surtout qu'un jour, vous comprendrez la cohérence de ces décisions et qu'elles vous auront permis de devenir une Femme épanouie et assumée. Une femme qui n'a pas peur de poser des questions, de donner son opinion et de dénoncer ce qui doit l'être.

Je ne veux pas que vous ayez peur des hommes. Je ne vous pas non plus que vous éprouviez de la haine envers eux. Je veux simplement que vous sachiez que vous avez autant de valeur qu'eux. Ce qui implique qu'ils ont autant de valeur que nous aussi.

Peut-être qu'un jour, nous n'aurons plus besoin de cette journée... D'ici là, bonne journée mes chères filles !

samedi 14 février 2015

À chacun son évasion !

J'ai été admise un dimanche soir à l'hôpital pour la naissance -provoquée- de ma petite dernière. Elle a finalement pointé le bout de son nez le mardi matin, bien avant le soleil. J'étais vidée, un accouchement sur trois jours qui mettait un terme a une grossesse épuisante, ça fait disparaître toute trace d'énergie !

Ma petite merveille a été placé sous haute surveillance à 24h de vie, en photothérapie. Pendant six jours je l'ai regardée sous ces reflets bleutés. Pendant six jours j'ai rêvé de mon lit, ma maison. Pendant six jours je me suis ennuyée de mes deux plus vieux.

J'étais en attente. Tout se décidait au fil des prises de sang sur son minuscule talon (qui a gardé des traces d'ailleurs). Au jour le jour. Pour la première fois depuis longtemps, on me faisait à manger, on lavait mon plancher et on m'apportait des vêtements propres. Des vacances. Dans une chambre d'hôpital. 

Je l'ai pris comme un signe de la Vie, que j'avais besoin de ce temps pour me reposer, refaire mes énergie et mes réserves de patience. Pour pouvoir revenir en force à la maison avec les grands. Bon, se reposer dans une chambre d'hôpital avec assez de lumière pour éclairer l'étage au complet (c'était un traitement intensif de photothérapie), ça donne ce que ça donne. J'ai alors passé beaucoup de temps à jouer à un jeu insipide sur mon ipad. Pas besoin de réfléchir, je ne pensais à rien (en dehors de mon bébé bien entendu). 

Depuis quelques temps, j'ai recommencé à trouver du plaisir dans ce jeu, toujours aussi futile. J'ai ressenti un peu de culpabilité à avoir hâte de me retrouver seule, à avoir "besoin" de jouer. Mais hier, j'ai compris pourquoi ce jeu prenait autant d'importance. 

Dernièrement notre vie a été tellement mouvementée que mon cerveau, que tout mon être m'a menacé de faire une grève si je n'arrêtais pas un peu pour le faire souffler. Instinctivement, je suis retournée à ce jeu, qui a comblé tellement d'heures de ma vie il y a 9 1/2 mois. Je ressentais une certaine nostalgie à retrouver ces couleurs qui m'avaient accompagnée durant toute une semaine à l'hôpital.  

C'est le moyen que j'ai trouvé pour m'arrêter un peu. Parce qu'en ce moment, prendre de "vraies" vacances est hors de question. Parce que seule avec mes trois soleils (papa vient de finir un contrat qui l'a rendu plutôt absent), j'ai travaillé fort. C'est un drôle de moyen, mais il m'a fait comprendre que j'étais rendue au bout, que sans lui, je pourrais bien craquer. Ce jeu, qui accompagne encore beaucoup (trop) d'heures de mes soirées et de mes nuits, me permet de tenir le coup mentalement et me lance en même temps un signal d'alarme, que je tâcherai d'écouter.

lundi 2 février 2015

Exister

Jusqu’à tout récemment, je ne faisais pas de différence entre les termes vivre et exister. C’était du pareil au même, juste un synonyme de plus destiné à rendre mes profs de français heureux. Après tout, quand on vit, on existe et quand on existe, on vit !

J’ai découvert, il n’y a pas si longtemps qu’au contraire, il y a une nuance importante. Si vivre signifie être en vie, exister a une connotation plus profonde, plus importante. Vivre, pour moi, c’est quand on respire, quand on mange, quand on hume une fleur, quand on profite du moment présent. Vivre, c’est le côté « technique » de la vie. Vivre, ça se fait tout seul. C’est-à-dire sans qu’on y pense, sans qu’on fasse quoique ce soit de particulier. Mais aussi sans personne autour.

Dans le Larousse, le mot exister a plusieurs significations. Avoir la vie, être dans la réalité, avoir une réalité. C’est aussi, avoir de l’importance, s’affirmer, se faire reconnaitre comme une personne aux yeux de la société, d’un groupe, de quelqu’un. Exister, ça implique un environnement social. Ça implique des gens, des organisations. Ça implique les autres.

Quand tu es maman à la maison, tu vis à fond. Tu profites de chaque petite seconde. Tu respires, tu humes (pas juste) des fleurs. Tu manges (pas toujours chaud ni comestible). À dire vrai, tu n’as même pas le temps de penser que tu vis.

Quand tu es maman à la maison, tu existes aussi. Pour ces petits soleils qui ont tant besoin de toi et tant envie d’être avec toi. Tu as l’importance du monde pour ces petits êtres en formation. Tu existes pour eux et parfois, ça s’arrête là. Tu n’as pas de chèque de paye, donc tu n’existes pas pour un employeur. Tu n’existes pas assez pour gagner un salaire. Tu n’as pas de reconnaissance du travail bien fait, sauf celle que tu te donnes toi-même. Tu n’as pas de collègues de travail, de party de Noël, de 5à7.

Plus encore, tu n’as pas le même rythme de vie que tes amis : pas le même budget, pas le même horaire, pas les mêmes activités. Les choix de vie sont différents, les liens sont plus fragiles…

Exister, ça devient plus compliqué.

Je ne m’étais pas rendue compte de cela. Jusqu’à ce que je recommence à exister. Je suis encore à la maison. J’adore regarder mes enfants s’épanouir à leur rythme. J’adore les regarder être des enfants. Mais j’existe aussi. J’existe pour eux, dans la société aussi. Je n’aurai probablement pas de 5à7 cette année encore, ou de party de Noël.

En fait, j’ai eu l’audace d’exister. J’ai commencé un blogue. J’ai ouvert une page facebook. Et maintenant, mes mots sont lus par d’autre gens, par des personnes qui ne sont pas assez proche pour être gagnés d’avance. J’ai eu des retours. Peu, mais le soutien des autres, les mentions, aussi petites et simples soit-elles, c’est du carburant puissant !


Avoir l’impression de ne pas exister en plein milieu de la société, je crois que ça se peut aussi. Je crois que ce n’est pas l’apanage de la maman à la maison. J’avance quelque chose de gros, mais peut-être que ça a tout à voir avec le mal de vivre. Peut-être que, juste en se souciant de toujours exister, pour les personnes, les groupes, les organisations qui comptent, peut-être que ça serait suffisant pour continuer ?

lundi 5 janvier 2015

Dans la vie, à part être heureux, y'a pas grand chose d'important

L'autre jour, je suis allée au centre d'achat. Vous savez ces machines qui amusent tant les enfants qu'on y mette de l'argent ou non ? et bien nous étions en arrêt à l'une d'elle. Contrairement à mes soleils, je n'ai pas un plaisir fou à chevaucher devant un mur ou à faire la course sur un canard géant. Je préfère de loin regarder les gens. La diversité, les couleurs, les styles, ça me fascine. Cette fois là, j'ai eu une révélation. Vraiment !

Il y a eu cette femme. Une femme avec une malformation. Une malformation qui ne l'empêche pas d'être autonome et fonctionnelle. Du moins, à ce qu'il m'a paru. Peut-être limitant, surtout esthétique. L'idée qui m'a traversé l'esprit alors c'est que cette femme, peu importe l'effort, l'argent, le temps, peu importe sa volonté, jamais elle ne pourrait entrer dans les "standards de beauté". Sa vie ici sur Terre, c'est ça. Elle n'a pas de chance de se "reprendre" en faisant du sport ou un régime. Elle ne connaîtra jamais la vie autrement qu'avec cette malformation, ce handicap. Elle ne pouvait qu'accepter son état et composer son bonheur autour. Je n'ai aucune idée si cette femme est heureuse. Mais je me disais que c'est ce que je ferais si j'étais dans sa situation. Et là, lumière (!) pourquoi devrait-il en être ainsi si j'avais un handicap ? Pourquoi ne pas juste accepter mes travers et composer mon bonheur avec, autour ? Je me suis sentie bien futile avec mon p'tit-mou-de-bedaine-de-restant-de-grossesse ou ce grain de beauté mal placé. Et j'ai pensé que cette femme n'avait pas nécessairement une vie moins belle que la mienne, malgré ça. Qu'elle n'aurait pas moins bien réussi sa vie à cause de ça. Qu'elle avait peut-être trouvé le grand amour, eu des enfants, occupé un emploi stimulant, malgré tout.

Je me suis alors dis que dans le fond, dans la vie, à part être heureux, y'a pas grand chose d'important. Je parle d'un bonheur personnel qui n'a rien à voir avec les autres, qui ne les écrase pas, qui ne les brime pas. De toute façon, j'ai vraiment du mal à croire que tu puisses être heureux à faire du tort à quelqu'un. Donc, si moi j'ai envie de porter ce chandail-qui-ne-me-met-pas-en-valeur et que ça me rend heureuse, ben c'est drôlement plus important que je le porte plutôt que de m'en faire avec ce que les autres vont dire. Si le bonheur doit passer par les autres, par exemple se faire remarquer pour son élégance, ben c'est pas un bonheur ben ben solide; le jour où les autres ne seront plus là, comment continuer à être heureux ?

Bref, maintenant quand j'ai envie de me censurer ou quand arrive un dilemme,je repense à cette dame... L'important, c'est que je sois heureuse !

mardi 9 décembre 2014

L'indulgence

Pour élever des enfants, ça prend énormément d'indulgence. De la clémence. De la compassion aussi. Beaucoup de compassion. Ces petits êtres ont TOUT à apprendre.  Le mot n'est pas trop fort.

En sortant de ce ventre chaud, ils doivent apprendre à respirer d'eux-mêmes. Respirer. Nous le faisons depuis 20-25-30 ans. On n'y pense plus, c'est comme ça. On ne se rappelle pas qu'on a dû l'apprendre nous aussi. Et je peux affirmer que ce n'est pas si évident que ça pour tous les bébés !

Puis, en vieillissant, ils doivent littéralement apprendre à vivre. À survivre. Difficile pour nous d'imaginer ce qu'ils ont a traverser. Il y a tant de choses qui nous avons intégrés depuis si longtemps, dont l'abstraction ne nous revient pas à l'esprit. J'ai cessé de dire des trucs du genre "sois gentil" à mon fils. Ou plutôt, j'ai cessé de lui dire sans explication, sans exemple, sans modélisation. Que pouvait-il savoir lui du sens du mot gentil ? Maintenant je prends du temps pour lui expliquer des mots, lui donner des exemples. Quand il a un comportement gentil, par exemple, je lui nomme. Et surtout, et ça c'est un cas d'élève lorsque j'enseignais qui me l'a appris, je prends du temps pour expliquer ce que j'attends de lui.

Mon fils de 4 ans est très brillant et mature. Mais je ne me leurre pas. Il a le jugement d'un enfant... de 4 ans ! Il ne connait pas le sarcasme, ni la méchanceté. Qui a déjà essayé d'être sarcastique avec un jeune enfant ? Exemple, dire BRA-VO après une bêtise ? Moi ! Et de voir mon fils presque fier de son coup ou me demander : Pourquoi bravo ? (oui, j'ai tenté le coup plus d'une fois...) m'a fait comprendre qu'il ne saisissait clairement pas le sarcasme.

La première fois qu'il m'a dit : "grosse bedaine mou", j'ai crié et je l'ai assis assez vite merci dans l'escalier. Mais j'ai vu dans ses yeux qu'il ne comprenait pas du tout l'ampleur de ma réaction. Alors j'ai respiré et quand il a pu se relever, je l'ai regardé et je lui ai expliquer qu'on ne dit pas des choses comme ça, même si ce n'est qu'une constatation (outch!). C'est quand même difficile d'expliquer à des enfants ce qui se dit et ce qui ne se dit pas. Le discernement, à 4 ans on ne sait pas trop ce que c'est. Il ne fait pas tout à fait la différence entre un compliment et une insulte. Il ne fait pas tout à fait la différence entre "je constate que..." et "tu seras heureuse de savoir que..." En fait, pour lui c'est la même chose.

Je ne dis pas que je ne sévis pas. Mais j'ai de l'indulgence envers mes enfants. Disons que j'essais d'en avoir le plus possible. J'ai de la compassion pour ces petits êtres qui avancent à tâtons dans ce monde si grand. Pour tous ces essais et erreurs, tout ce travail, tous ces efforts pour tracer leur chemin, pour écrire leur vie, pour prendre leur place.

Je sévis, oui. Mais quand je pense à tout le travail qu'ils ont à faire, je prends un peu de recul et j'ajuste mes attentes, j'ajuste mes réactions.




lundi 3 novembre 2014

On a les enfants qu'on est capable d'avoir...

Je n'avais pas encore d'enfant quand j'ai entendu cette phrase pour la première fois. J'étais d'accord..... mais je dois avouer que je ne comprenais pas très bien ce que ça voulait dire. Encore aujourd'hui, avec trois petits soleils ça me semble un peu flou.

Mais voilà que je m'en suis fait une alliée, un soutien moral, un échappatoire. Une phrase que je me répète quand ils crient en trio. Une phrase que je garde tout près quand je dois énoncer la même consigne que je répète depuis 6 mois. Une phrase qui m'encourage quand je suis rendue à la 7546e question de la journée et que la dite journée arrive à peine à sa moitié. Une phrase que je pourrais mettre en chanson quand je me lève la nuit, quand je me relève la nuit, quand je me lève encore et quand mes petits soleils commencent à briller alors que la nuit n'a pas fini sont quart. 

J'ai les enfants que je suis capable d'avoir. Donc, on peut dire que ça prenait une femme, une maman très forte, très compétente, très énergique, très créative, très cohérente, d'une constance et persévérance exemplaire, bref, une maman extraordinaire pour élever ces enfants-soleils, qui sont capable de déplacer des montagnes avec leur énergie, leur caractère et leur intelligence. 

Donc, je suis extraordinaire.

Ouain.